Salon au coucher du soleil avec portes coulissantes sur la terrasse et le One World Trade Center au loin, appartement à New York

La skyline pour tableau, le Village pour foyer

NEW YORK

Galerie

Projet d’architecture d’intérieur à New York : appartement avec terrasse à Greenwich Village

Dans l’un des quartiers les plus singuliers de Manhattan, où les rues ont gardé une échelle humaine et où la brique ancienne côtoie l’art contemporain, se dresse cet appartement en hauteur doté d’une terrasse privée. Un foyer qui domine la ville sans jamais perdre le lien avec l’esprit du quartier : intime, cultivé, plein de vie.

L’entrée

Le seuil franchi, le parcours commence avec une clarté qui dit tout. À gauche, un mur revêtu d’une finition texturée appliquée à la main, couleur pierre et d’aspect minéral, introduit une note chaleureuse qui contraste avec le blanc net du reste de l’espace. Face à la porte, un canapé deux places tapissé de velours caramel, à la silhouette arrondie et aux lignes douces, assure le premier accueil. Au-dessus, un grand miroir rond au fin cadre de métal bronze occupe le mur avec une présence à la fois affirmée et sereine : il ne décore pas, il encadre. Lampadaire Coordinates de Flos.

Le parquet en chêne blanchi, à larges lames et finition mate, court dans tout l’appartement et unifie visuellement l’espace dès le premier pas. De part et d’autre du couloir d’entrée, le rangement est confié à des placards encastrés sur mesure, laqués et parfaitement affleurants, aux poignées linéaires en métal gris foncé. Une niche ouverte dans l’ensemble accueille quelques céramiques d’un orange vibrant, unique touche de couleur de cette première séquence. La porte d’entrée conserve ses ferrures en laiton doré, clin d’œil à l’architecture de l’immeuble.

La salle à manger

L’espace repas s’ouvre largement sur la ville. La table, en chêne américain massif à structure assemblée à onglet, de facture artisanale et de grand format, s’impose avec l’autorité d’une pièce unique. Elle est entourée de chaises aux lignes organiques et aux accoudoirs enveloppants, à structure en métal noir, dont l’assise et le dossier sont tapissés de bouclette gris perle. Côté fenêtre, une banquette filante sur mesure, laquée et garnie d’un coussin en velours bordeaux, délimite l’espace et intègre des rangements dans son soubassement.

Le luminaire qui couronne l’ensemble est une pièce sculpturale de premier ordre, suspendue en constellation au-dessus de la table : le Bubbly 04 Chandelier de Rosie Li.

La cave à vin Sub-Zero intégrée au meuble de passage entre la salle à manger et la cuisine, à façade vitrée et pouvant accueillir une quarantaine de bouteilles, souligne la vocation conviviale de ce lieu. Le plan qui la surmonte, en Inalco Silk noir bouchardé, contraste avec le gris doux de la menuiserie laquée. Sur la table, une coupe tournée en bois d’olivier, au veinage vivant et à la finition naturelle, et un vase cylindrique en métal doré vieilli composent un centre de table d’une précision de nature morte.

Le salon – trois plans, une seule atmosphère

Dans ce projet d’architecture d’intérieur à New York, le salon se déploie dans la continuité de la salle à manger, sans séparation physique, mais avec une identité propre qui l’en distingue. Les vues sont sa raison d’être : de grandes fenêtres en bandeau et une porte coulissante donnant sur la terrasse cadrent la skyline de Lower Manhattan, avec le One World Trade Center pour phare permanent.

Le canapé principal, de grand format et tapissé de bouclette gris clair, définit l’axe du salon. Sa composition en L embrasse généreusement l’espace. À ses côtés, une chaise longue Herman Miller tapissée de lin moutarde, à structure en bois et pieds tournés, apporte l’accent de couleur le plus chaleureux de l’ensemble. Deux fauteuils à structure en métal noir, garnis de bouclette pain brûlé, aux lignes architecturales et aux accoudoirs droits, complètent les assises et tissent un fil conducteur dans tout l’appartement.

La table basse est l’une des pièces les plus singulières du projet : de forme organique et irrégulière, presque une pierre polie, en travertin naturel au veinage apparent, elle repose sur un socle sculptural du même matériau. À côté, un petit guéridon tourné en bois sombre, l’Eames Turned Stool à la silhouette en double disque, ajoute une note artisanale. Sur le côté, le lampadaire Post de Muuto.

Tout le mur du fond est occupé par une bibliothèque-meuble TV dessinée sur mesure, laquée, aux poignées linéaires en métal sombre.

Le long du rebord filant sous les fenêtres, une vitrine basse sur mesure, laquée, sert à la fois de soubassement et de surface d’exposition. Dessus, deux vases en céramique artisanale vert grisé et une lampe à poser au design reconnaissable, référence au modèle Taccia de Flos, avec son diffuseur circulaire en verre blanc et son pied en métal chromé. Pour compléter le salon, un lampadaire en métal noir à trois têtes articulées, l’AJ d’Arne Jacobsen, accompagne la chaise longue d’une lumière de lecture précise et élégante.

La terrasse

Depuis le salon, deux grandes portes coulissantes s’ouvrent sur la terrasse privée : un espace extérieur exceptionnel qui entoure l’appartement et offre des vues à 270 degrés sur les toits de Greenwich Village et de Lower Manhattan.

Le mobilier d’extérieur, à structure métallique anthracite, réunit un canapé deux places en maille tressée, des chaises empilables au design contemporain et une table au plateau de pierre grise, le tout dans une gamme de couleurs qui dialogue avec la pierre de l’immeuble. Les coussins d’extérieur, rouge tuile, beige ou à motifs géométriques, ajoutent couleur et confort. De grandes jardinières en fibrociment gris accueillent des arbustes taillés en boule et des arbres élancés qui voilent le garde-corps blanc. L’éclairage extérieur est assuré par des appliques murales noir mat.

L’image la plus saisissante de la terrasse, et peut-être de tout le projet, est celle où la neige en fait un décor de théâtre : la table et les chaises sous un ciel d’orage et, au loin, le One World Trade Center qui émerge des nuages comme un obélisque de lumière.

La cuisine

La cuisine est le cœur le plus vivant de l’appartement. Un espace pensé pour ceux qui aiment autant cuisiner que réunir leurs proches : fonctionnel jusqu’au dernier centimètre, mais plein de personnalité et de couleur.

Tous les meubles sont laqués dans la teinte Mole’s Breath de Farrow & Ball, avec des poignées linéaires en métal noir mat. Le contraste avec les plans de travail noirs est franc et sophistiqué. Le sol de la cuisine, signé Atlas Concorde, passe au grès cérame grand format gris foncé et distingue avec précision la zone de travail du reste de l’appartement.

Le grand îlot central sert à la fois de plan de préparation et de bar pour le petit-déjeuner, avec un prolongement latéral surélevé qui fait office de bureau de cuisine : l’endroit où l’on feuillette le livre de recettes du jour. Quatre tabourets hauts à l’assise arrondie, tapissés de cuir caramel, sur de fins pieds en métal noir, invitent à s’asseoir et à prendre part au rituel culinaire.

Le système d’éclairage est l’un des éléments les plus singuliers du projet : un ensemble de luminaires cylindriques en métal d’un noir profond, suspendus à des câbles tendus qui convergent vers un point central du plafond – un disque de distribution noir mat – puis se déploient en éventail vers différents points de l’îlot et du plan de travail. Le résultat est presque sculptural : Wireflow de Vibia.

La chambre parentale – sérénité au-dessus de Manhattan

L’élément le plus fort de la chambre est le mur de la tête de lit : Mediterranean Arches, un papier peint grand format qui reproduit des arcs en ogive et des moulures architecturales dans une teinte de pierre blanchie, à l’aspect presque plâtré, et couvre entièrement le mur du sol au plafond. La référence, indéniablement néogothique, évoque les intérieurs de Grace Church ou de la Jefferson Market Library, toutes deux à quelques rues de là, mais elle est traitée avec une subtilité chromatique qui en fait un arrière-plan plutôt qu’un protagoniste.

Le grand lit s’impose avec sobriété. De part et d’autre du lit, deux tables de chevet arrondies en noyer foncé, aux tiroirs galbés et à la finition satinée, complètent élégamment l’ensemble. Dessus, deux lampes Louis Poulsen au pied en laiton doré et à l’abat-jour en verre blanc opale dispensent une lumière chaude et tamisée.

La salle de bains parentale

La salle de bains attenante est un espace d’une efficacité sereine. La baignoire encastrée, logée dans un socle revêtu de la même pierre, occupe l’angle près de la fenêtre, qui donne directement sur la skyline de Manhattan. Prendre un bain avec le One World Trade Center pour horizon est l’un de ces privilèges silencieux que seul New York sait offrir. Applique Coordinates de Flos.

Le dressing

Le dressing sur mesure s’organise en modules laqués blanc cassé, avec des profilés LED intégrés à chaque étagère et dans le socle. L’intérieur combine penderies sur deux niveaux, tiroirs de formats variés et étagères à chaussures à lattes inclinées. Les portes battantes, dotées de miroirs pleine hauteur, complètent l’aménagement avec un sens pratique absolu.

Chambre d’amis

La chambre d’amis s’exprime d’une voix radicalement différente : plus audacieuse, plus sensuelle, plus voyageuse. Le mur de la tête de lit disparaît, du sol au plafond, sous un spectaculaire papier peint Cole & Son, Piccadilly Seville, aux médaillons géométriques bleu profond, turquoise, or vieilli et grenat, d’inspiration orientaliste. C’est une déclaration d’intention : cette chambre a vu du pays. De part et d’autre du lit, deux tables de chevet tripodes en métal noir, le modèle Florence de Knoll, accueillent chacune une lampe Laguna d’Artemide au pied en laiton doré et au globe en verre opale blanc.

Salle d’eau des invités

La salle d’eau des invités propose une solution d’un grand raffinement de matières : un revêtement de petits carreaux en bandes verticales de céramique émaillée blanc cassé et gris doux, à effet cannelé, qui habille murs et douche du sol au plafond. L’élément le plus singulier est l’oculus : une fenêtre ronde en verre opale blanc encastrée dans le mur de la douche, qui fait office de puits de lumière intérieur et laisse filtrer le jour sans rien sacrifier de l’intimité. Un clin d’œil architectural d’une grande élégance. Applique Foglio de Flos.

Le salon familial

Le mur qui sépare la cuisine du salon familial est revêtu d’un papier peint Cole & Son, Nuvolette, qui évoque les ciels d’hiver new-yorkais. Cette pièce accueille un canapé-lit tapissé d’un tissu gris moyen, avec des coussins orange tuile et à motifs géométriques multicolores, posé sur un tapis à poils ras terracotta de Homenature. Un mur entier de placards encastrés laqués ferme le fond de la pièce avec ordre et discrétion. Lampadaire Parentesi de Flos.

La créatrice au cœur de son œuvre

À côté de la chaise longue en lin moutarde, encadrée par la fenêtre à guillotine et les toits du Village au loin, avec pour toile de fond la tour néoromane en brique rouge d’une église, la créatrice pose entre deux vases en céramique artisanale vert céladon, aux formes organiques et de tailles différentes. Ce sont des pièces qui résument l’esprit du projet : belles par leur forme, et non par ostentation. Derrière elle, l’appartement respire.